Expulsion avenue Léon-Blum en plein milieu de l’été


Communiqué du DAL 38, FCPE 38, RESF 38, Intersyndicale Enfants migrant·e·s à l’école (FSU, SUD éducation, CNT éducation, CGT éduc’action 38)

Ce 21 juillet, la maison squattée depuis plusieurs années, avenue Léon-Blum appartenant à la ville de Grenoble, a été expulsée à sa demande. Cette nouvelle expulsion sur la commune de Grenoble fait suite à de nombreuses autres expulsions (à l’Abbaye, rue Prosper-Mérimée, etc.) dont celle de novembre 2025 place des Géants qui a donné lieu à l’occupation toujours en cours de la métropole par 150 personnes.

Malgré les engagements de la mairie de Grenoble de s’assurer que les familles soient relogées en cas d’expulsion, les pratiques de la mairie restent inchangées. La préfecture a profité du ralenti de l’été pour expulser loin des regards et de possibles mobilisations. Aucune solution n’a été proposée aux 12 enfants et 19 adultes (dont des femmes enceintes et des personnes en situation de handicap) qui y vivaient, contrairement à l’obligation qui incombe à l’État de mettre à l’abri toute personne qui en a le besoin et de garantir des solutions d’hébergement pour tou·te·s.

La police est passée quelques jours plus tôt pour menacer les occupant·e·s de leur remettre des OQTF — alors même que la plupart des adultes sont en situation régulière —, et pour les faire fuir.

Toutes les démarches des occupant·e·s, tous les accompagnements dont ils et elles bénéficiaient vers la scolarité, l’accès aux soins, l’accès à leurs droits sont réduits à néant ainsi que l’ensemble du travail réalisé par les professionnel·le·s en lien. 9 enfants scolarisé·e·s voient leur parcours scolaire saccagé. Tou·te·s sont remis·e·s à la rue et condamné·e·s à l’errance, à une précarité encore plus grande et à la violence que cela engendre.

Tandis que les bâtiments laissés vides et réquisitionnables se comptent par milliers, que le nombre de personnes à la rue ne cesse d’augmenter et que la pénurie de places d’hébergement proposées par l’État est dénoncée partout en France, les institutions locales (conseil départemental, communes, métropole), contrairement à leurs obligations, se déresponsabilisent et ne mettent pas les moyens nécessaires pour mettre à l’abri et protéger les plus vulnérables sur leurs territoires et pour créer le rapport de force indispensable avec l’État pour obtenir les places d’hébergements utiles pourtant garanties par la loi.

Aussi nous continuerons à nous mobiliser pour :

Communiqué rédigé le 21 juillet, jour de l’expulsion avenue Léon-Blum.



Ci-dessous, publié plus d’une semaine avant l’expulsion, le communiqué appelant à ne pas expulser, signé par le DAL 38, RESF 38, Intersyndicale Enfants migrant·e·s à l’école (FSU, CNT éducation, Sud éducation 38), FCPE 38

Le 21 juillet prochain, une maison squattée depuis plusieurs années, avenue Léon-Blum appartenant à la ville de Grenoble, va être expulsée à sa demande. Parmi la trentaine d’habitant·es de la maison, tous et toutes en situation de vulnérabilité, on compte des enfants en bas-âge et des enfants scolarisé·es à Grenoble, mais également deux femmes enceintes et une personne en situation de handicap.

Les familles craignent d’être remises à la rue, sans solution. Nous rappelons que les institutions responsables (préfecture, conseil départemental, communes, métropole), dans toutes les situations similaires, se renvoient systématiquement la balle alors que le nombre de personnes à la rue ne cesse de croître. Le manque de places d’hébergement est criant depuis des années, tandis que des immeubles entiers restent vides et pourraient être réquisitionnés.

Les familles, comme les différents professionnels qui les accompagnent, appréhendent les drames qui vont être provoqués par l’expulsion à venir : mise en danger, déscolarisation, errance, etc. Les périodes de canicule sont particulièrement meurtrières pour les personnes à la rue, et l’été commence à peine.

Nous rappelons que l’État a l’obligation de mettre à l’abri toute personne qui en a le besoin et de garantir des solutions d’hébergement pour toutes et tous.

  • La suspension de l’expulsion jusqu’à une proposition de relogement pérenne et adaptée pour chacune des familles
  • La prise en compte des besoins des enfants scolarisés, des femmes enceintes et des personnes en situation de handicap, conformément aux obligations de protection de l’enfance et de santé publique
  • La réquisition des logements et bâtiments vacants sur la Métropole grenobloise.



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