Tandis que le bailleur social Actis ment éhontément, c’est la population qui dort à la rue

Dans un article du Dauphiné Libéré du 25 janvier 2026, le président d’Actis, Pierre Bejjaji, tente de dédouaner le bailleur métropolitain de ses responsabilités quant à l’occupation du siège de la Métropole, qui dure depuis plus de deux mois. Pierre Bejjaji souhaite-t-il faire croire que ces familles ne sont pas vraiment victimes d’injustices, qu’elles ne sont que des opportunistes, voire qu’elles mentent depuis le début, tout comme la quarantaine d’organisations iséroises soutenant cette mobilisation ?

MENSONGE n°1
« Aucune famille occupant le siège de la Métropole n’est concernée » [par des évacuation de squat début novembre]

Un mail en date du 07/11/2025, de la part du salarié d’Actis en charge du dossier et en réponse à l’alerte du DAL 38 au 04/11/2025 affirme pourtant le contraire :
« Effectivement, des appartements squattés ont été évacués la semaine dernière à cette coursive du 50 Géants. »

MENSONGE n°2
« Il y a eu une enquête sociale pour le confirmer. »

Aucune enquête sociale préalable à l’expulsion n’a eu lieu dans les logements expulsés, comme indiqué par mail du DAL au 07/11/2025.
Par la suite, aucune enquête sociale n’a été effectuée au siège de la Métropole, ni par la Métropole ni par la Préfecture de l’Isère, ni par les CCAS. Les identités complètes des occupants ne sont connues de la Métropole qu’à leur relogement.
Comment le président d’Actis peut-il alors affirmer avoir comparé les identités des occupants de la place des Géants – dont elle n’a jamais disposé, avec celles des occupants de la Métropole – dont elle ne peut pas avoir connaissance ?

MENSONGE n°3
« Parmi les 150 occupants, une petite portion vivait dans des squats mis en place par la mafia locale, qu’elle a fini par fuir. »

La « petite portion » représentait au minimum vingt foyers, soit une cinquantaine de personnes, comme indiqué par le mail du DAL 38 au 07/11/225, après la visite sur place d’un militant. Ce n’est pas la mafia que les occupants ont fui, mais bel et bien la menace de la prochaine expulsion par Actis, qui a fait placarder sur la porte d’entrée de l’immeuble un avis d’expulsion avec un délais au 13/11/2025, comme indiqué par le DAL dès le 04/11/2025. Il est de notoriété publique que les personnes menacées d’expulsion n’attendent pas l’arrivée des forces de l’ordre pour quitter leurs logements, pour des raisons évidentes.
Le 18/11/2025, Actis procède à de nouvelles expulsions dans le quartier des Géants. Les occupants du 50, place des Géants craignent à juste titre, d’être également expulsés et se préparent donc à occuper le siège de la Métropole le lendemain… Actis ne s’est jamais engagé à ne pas les expulser sans relogement : « […]deux autres logements ont été fracturés, et une entreprise a été mandaté pour les sécuriser, des plaintes seront déposées et les procédures suivront. »

MENSONGE n°4
« Nous aimerions les aider… »

– Alors qu’Actis n’a pas respecté l’obligation liée à l’arrêté municipal du 25 octobre 2022, pris par le maire de Grenoble Eric Piolle, indiquant qu’aucune expulsion ne peut avoir lieu sans présentation d’une solution d’hébergement…
– Alors qu’Actis aurait pu surseoir à l’expulsion comme demandé expressément par courriel en date du 04/11/2025…
– Alors qu’Actis n’a justement jamais entamé de démarche auprès d’associations comme l’ODTI pour envisager un relogement de ces personnes…
… Nous ne pensons pas qu’Actis aimerait réellement les aider.
Mais nous les prenons au mot : Si le bailleur souhaite désormais contribuer à leur relogement, alors qu’il prenne contact dès demain et signe une convention avec des associations compétentes.

APPROXIMATION n°5
« 700 logements sont vacants. »

Pierre Bejjaji se prend les pieds dans le tapis concernant le nombre de logements vacants. Le CA d’Actis du 21 mai 2025 reconnaît 758 logements vacants au 31/12/2024. Puis au conseil métropolitain du 19/12/2024, Pierre Bejjaji donne le nombre « d’environ 500 logements vacants ». Et aujourd’hui, à nouveau 700. Et si l’on suit son addition dans l’article, nous arrivons à la somme de 621 logements vacants, et non pas 700, soit un delta approximatif de 80 logements vacants qui le sont donc sans raison valable.

Nous affirmons que la situation au 19/11/2025 relève de la pleine et entière responsabilité d’Actis, bailleur social métropolitain, alerté de la situation dès le 04/11/2025, deux semaines exactement avant le début de l’occupation du siège de la Métropole.

Cette situation qui dure depuis plus de deux mois, qui voit des femmes et des enfants s’entasser dans une seule pièce de vie pour échapper à la rue, aurait pu être évitée : il aurait suffit de respecter l’arrêté municipal du 25 octobre 2025, afin de proposer, avant expulsion, une solution d’hébergement aux familles victimes d’une escroquerie au bail par la mafia.

Par ailleurs, depuis le début de l’occupation, Pierre Bejjaji, est aux abonnés absents des délégations régulières entre les occupant-es et la Métropole pour chercher à reloger l’ensemble des familles concernées. Une poignée des 700 logements vacants chez Actis aurait pourtant pu permettre de faire évoluer la situation beaucoup plus rapidement…


Débunkage rédigé par les occupant-es et leurs soutiens, dont le DAL, la CNT, la CGT et plusieurs autres organisations. Copie faite au Dauphiné Libéré pour droit de réponse.


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