Alors ces vacances ? C’est vrai qu’on a eu chaud… mais qui aurait pu prévoir ?
Que le dé-financement des services publics et la fuite en avant capitaliste écocidaire d’hier et d’aujourd’hui allaient se payer, aujourd’hui et demain ? Excepté les endoctrinés et les centristes raisonnables, tout le monde. Débacle climatique, pénuries d’eau, de canadairs, d’infirmières, de profs, d’AESH… Pour les riches ? Ça va bien merci.
Alors, pour cette rentrée, si on ne veut pas finir carbonisé·e·s comme une pinède des Landes, il va falloir encore refuser l’éternelle austérité promise par l’inamovible gouvernement de la bourgeoisie permanente. Le projet de budget Lecornu ressemble aux dix précédents, les mêmes causes produiront-elles les mêmes effets sur nos conditions de travail et les droits des enfants ? Suspense…
Manifeste des professionnels de l’enfance 38
Si on ne veut pas finir amorphe comme un élève dans une classe à 40°C, il va aussi falloir conserver ce qui nous reste de nos capacités de réflexion et d’expression en s’empressant de laisser l’IA générative en dehors de l’école, car, quand les machines proposent de réfléchir à notre place, s’adapter, c’est abdiquer. Nos élèves n’ont pas besoin d’être « accompagnés » dans l’utilisation de l’IA (que n’importe quel décérébré peut comprendre en trois secondes), ils ont besoin d’être entraînés à réfléchir collectivement et à s’exprimer sans béquille technologique. Les pédagogies sociales et coopératives n’ont pas besoin de data-center pour armer les esprits et semer de la solidarité.
Si on ne veut pas finir par travailler comme un flic de l’ICE , avec un uniforme qui gratte, un programme d’histoire à la sauce « roman national » et une camera de vidéosurveillance au-dessus du tableau, il va falloir affirmer dans nos salles des profs, auprès de nos chefs et dans nos luttes que les valeurs qui nous portent chaque jour, sont définitivement incompatibles avec le programme des néo-fascistes qui font la course en tête pour les présidentielles ou avec les mesures militaro-patriotiques des macronistes qui leur font la courte-échelle.
Macron programme un 11 novembre 2027aux couleurs du RN
LA brochure de la rentrée à lire, à imprimer et à laisser en salle des personnels
Tout savoir sur l’extrême droite et l’éducation – brochure indispensable –
Si on ne veut pas finir avec des curés en fond de classe pour superviser les cours de réarmement démographique, il va falloir s’acharner à faire intervenir des professionnelles de l’EVARS plutôt que de confier cet enseignement essentiel aux « kits » proposés par les marchands de soupe saveur Bolloré.
EVARS, où en sommes-nous ? Com intersyndical.
Et pour protéger nos élèves et se former sur l’EVARS, face à l’inertie de l’éducation nationale quant à cette situation, rendez-vous en novembre pour une journée de formation animée avec le Planing Familial de l’Isère et l’intersyndicale SUD-CNT-FSU. Le stage portera principalement sur la posture de l’enseignant dans l’EVAR(S), le recueil de la parole et le repérage des signaux faibles face aux violences et harcèlement sexistes et sexuels (VHSS), la vulnérabilité spécifique des élèves en situation de handicap et une analyse critique des programmes. Date et lieu à venir !
Si on ne veut pas finir à sucer des antidépresseurs dans une clinique MGEN comme un prof sous Blanquer, il va falloir éviter d’écouter les promesses de revalorisation « historique » des ex-ministres Iznogoud (Attal, Philippe…) prétendant au trône élyséen. Les illusions amènent toujours leur lot de désillusions, et la désillusion, c’est très mauvais pour le moral. Le remède contre les poches creuses est toujours le même. En 2026, en 2027, demain comme hier : voter utile, c’est voter la grève (la vraie).
Agenda des prochains rendez-vous
AG AESH le 10 septembre – 18h30 – Café de la Poste –
Jusqu’à maintenant on s’intéressait aux difficultés de comportement en ciblant l’élève, avec le tact et la sensibilité qui caractérise parfois-souvent le rapport à la discipline à l’éducation nationale (en mode CRS en manif d’étudiant·e·s, mais en plus… enfin en moins… non pareil en fait). Le décret n° 2026-687 modifie le Code de l’éducation pour traiter spécifiquement les situations où la perturbation ou la menace provient de la famille de l’élève (parents ou responsables légaux).
Du coup, la nouveauté, c’est que si les parents d’un·e élève sont agressifs, au lieu de cibler disciplinairement parlant l’élève (normal il-elle n’a rien demandé à personne), et bah on vire…l’élève. Hé hé hé ! Malin ! Il est grand temps que les élèves éduquent un peu leurs parents sous peine de sanction.
Un bien bel exemple de toute la cogite et la diplomatie au service de l’émancipation des élèves.
Prochaine étape, les élèves et les personnels de l’EN de bonne volonté envoient le ministre et la direction de l’EN loin, très loin des responsabilités pour qu’on puisse avoir enfin une éducation nationale vraiment au service de l’émancipation des élèves.
Si on ne veut pas finir avec des universités appliquant la préférence nationale et européenne, on devra se mobiliser très vite aux côtés des étudiant·e·s extra-communautaires à propos de leurs frais d’inscription différenciés. En effet, juste à la fin de l’année universitaire écoulée, un pas de plus dans l’ignominie du dispositif appelé cyniquement « Bienvenue en France » a été franchi : les facs ne vont quasiment plus avoir la possibilité d’exonérer leurs étudiant·e·s étranger·e·s non européen·ne·s de la multiplication de leurs droits d’inscription par 17 ! « Bienvenue en France »… oui, seulement à la bourgeoisie internationale !
Des détails dans ce tract d’avant les vacances :
https://fte.cnt-f.org/wp-content/uploads/2026/05/Contre-laugmentation-des-frais-pour-les-etrangers.pdf
Cette année scolaire va nous pousser à des choix résolus, a des prises de positions claires, à des combats décisifs, à une solidarité de classe sans faille. La neutralité est une obligation statutaire faite aux fonctionnaires, mais peut-on vraiment rester immobile dans un train « en marche » ?
Comme disait Blanqui, « maintenant, il faut des armes ! ». Les nôtres sont celles de l’esprit critique et de la volonté, qui jamais ne se vendent ou ne se soumettent.
Alors bonne rentrée
et à la sociale !
SE SYNDIQUER, REJOINDRE LA CNT !
https://ul38.cnt-f.org/nous-contacter/
Rejoindre la CNT c’est prendre le temps de réfléchir au sens de notre travail, son organisation, nos envies et nos besoins. C’est s’engager dans la solidarité, partager ses expériences, découvrir celles des autres. C’est participer à la mise en place d’outils pour mener les luttes, pour préserver nos acquis et en imaginer de nouveaux. Se syndiquer à la CNT c’est s’émanciper et se projeter dans une société juste et égalitaire.

