L’Inspection du travail doit assurer à ses agent·es des conditions leur permettant de mener à bien leurs missions

  • une surcharge de travail chronique et structurelle ;
  • des vacances de postes permanents, créant de véritables zones de non-droit ;
  • une complexification et une bureaucratisation sans fin du fonctionnement interne des services ;
  • des glissements de tâches entre les tous les agents directement au contact du terrain. Le tout pour essayer de faire face, de faire tourner toujours le service, malgré tout, sur fond de pénurie généralisée.

Ces inspectrices et inspecteurs du travail ne sont pas entendues, les conditions de travail ne font qu’empirer, et pour les faire taire, pour faire taire des syndicalistes, voici que deux d’entre eux, Pierre et Benoît, inspecteurs du travail à Grenoble, ont été accusés en justice, au pénal. Pour les soutenir et revendiquer une amélioration des conditions de travail et l’arrêt des pratiques de management actuelles, un important rassemblement national a eu lieu le jeudi 18 juin à Grenoble, alors que se tenait à Paris au Ministère du Travail la présentation du rapport d’experts mettant en évidence les techniques de management délétères, en cours à l’Inspection du travail.

À l’issue de cette mobilisation, la plainte pénale a été classée sans suite par le procureur de la République !

Ci-dessous, retrouvez, de bas en haut :
le rapport expliqué sur le management en cours à l’Inspection du travail ;
le communiqué expliquant les conséquences de ce qu’il se passe à l’Inspection du travail pour les inspectrices et inspecteurs mais aussi pour toutes et tous les salariés pour qui l’application du droit est souvent bafoué ;
un compte rendu du rassemblement du 18 juin avec une explication des différentes revendications ;
— et enfin, immédiatement ci-après, le communiqué, publié par Sud où Pierre et Benoît sont syndiqués, annonçant la victoire pour les deux inspecteurs du travail injustement traîné dans la boue.


En Isère, près de 150 personnes étaient mobilisées devant la DDETS pour l’amélioration des conditions de travail des agent.e.s au sein du ministère, contre la répression syndicale et en soutien notamment à Pierre et Benoit. Au même moment, au ministère du travail, à PARIS, avait lieu la présentation du rapport d’experts APTEIS en F3SCT.

Des collègues des services du ministère du travail sont venus de toute la France : de la Haute-Savoie, du Rhône, de la Saône et Loire, de Seine St Denis, du Val d’Oise, du Puy de Dôme, du Bas-Rhin, du Gard, de l’Ardèche et de la Drôme, de Strasbourg. Des marseillais.es devaient également être présent.e.s mais un problème de train a rendu leur venue impossible.

Côté organisations syndicales, en plus de SUD et la CGT de la DDETS de l’Isère, étaient représentés ces syndicats au niveau régional et national du ministère du travail, mais également la CNT TEFP, l’UD CGT, l’UD Solidaires, l’UFSE CGT, les CGT retraités, les syndicats de plusieurs entreprises du département, l’UNEF.

Des partis politiques étaient également présents et ont pu s’exprimer en soutien: NPA révolutionnaire, LFI, avec une expression de Jules TERRIER, assistant parlementaire de Sandrine NOSBE et Albin DUBANCHET qui s’est exprimé au nom d’Elisa MARTIN, les écologistes, l’assistante parlementaire de Cyrielle CHATELAIN, Catherine NETOUDYKATA a lu la question écrite posée au ministre du travail, Guillaume GONTARD, Sénateur de l’Isère, et Anthony SMITH, député européen, ont envoyé une vidéo de soutien.

Après un repas organisé localement, les intersyndicales des différents départements du ministère du travail ont pu s’exprimer sur leurs conditions de travail : intersyndicales de la Drôme, de l’Ardèche, de la Saône et Loire, du 93, la CGT du Rhône, la CNT du Gard.

Ces expressions montrent que la situation vécue en Isère n’est pas un cas isolé. Les interventions des collègues et camarades sont venues illustrer et rendre vivant le rapport du cabinet d’experts APTEIS dont les élus à la F3SCT nationale débattait. Il est indispensable que le ministère du travail mette en place des actions urgentes pour affecter les effectifs nécessaires au fonctionnement de nos missions, mettre fin à la désorganisation des services, aux pressions managériales, réaffirmer la légitimité de nos missions de service public et des fonctionnaires qui le font vivre et le rendent accessible.

Nous remercions tous les camarades et collègues pour leur venue, leur soutien, et leurs interventions éclairantes.

La lutte collective continue, c’est tous ensemble qu’on gagnera !


Ci-dessous nous republions le deuxième article que nous avions fait paraître pour expliquer la situation suite au rassemblement du 18 juin :

La fédération Travail et Affaires sociales, réunissant la CNT et la CNT-SO, a rédigé un article clair, détaillé et fort intéressant (et même en vidéo si vous aimez ce format) que nous souhaitons vous partager :


Ci-dessous nous republions le premier article que nous avions fait paraître pour appeler à ce rassemblement :

Nous constatons de plus en plus de cas de répression syndicale claires : des pratiques syndicales usuelles depuis des années qui sont aujourd’hui poursuivies en justice sous des prétextes fallacieux, des obligations d’appliquer des directives dans un sens strict et sans aucune possibilité d’adaptation qui débouchent sur des sanctions lorsqu’elles sont ne seraient-ce que questionnées, etc.
Les sanctions évoluent et tous les coups semblent permis : code du travail détourné, sujet annexe servant à porter en justice, sanctions illégales mais assumées par les directions, licenciements, placardisation…

Les cas sont légions et tous les secteurs sont touchés, privés ou publics. Il ne faut rien lâcher, ne concéder aucun terrain !

La répression syndicale s’abat sur des militant·es de toutes les organisations syndicales, du délégué de boite à la secrétaire générale de confédération. Toutes les formes possibles de pression sont exploitées : les menaces, les procédures internes de sanction pouvant aller jusqu’au licenciement, la discrimination salariale durant toute sa carrière, l’entrave, etc.

Si le gouvernement et le patronat font de beaux discours sur le dialogue social et ses vertus, ils savent désormais aussi utiliser la justice pour criminaliser l’action syndicale. Concrètement, pour faire taire des militant.es, pour stopper la contestation, pour faire cesser une grève, pour empêcher des dénonciations des conditions de travail ou de management toxique, ceux-là n’hésitent plus à monter de toutes pièces des « dossiers » au pénal : ils encombrent ainsi les services d’enquête de police et de la Justice avec des pseudo-plaintes pour diffamation, pour harcèlement, pour intrusion ou encore pour des violences qui n’ont jamais eu lieu. L’important n’est pas la plainte et son contenu, mais son auteur et sa position sociale (le nom ou la réputation) qui vont permettre de déclencher une procédure abusive voire des poursuites.

Il s’agit bien entendu, pour les employeurs du public ou du privé, de ne pas laisser passer les critiques sur le sous-effectif, sur des réformes injustes ou sur des pratiques discriminantes. La répression est là justement pour que ne soient pas pointées et dénoncées les conditions de travail des agents ici ou des salariés là-bas. Là où les risques psychosociaux se développent de façon particulièrement intense, là où les situations sont les plus tendues du fait de l’inertie de l’employeur à mettre en oeuvre des dispositions favorables à la santé des travailleurs, ce sont également là que les modalités de la répression syndicale sont les plus abouties.

L’inspection du travail n’échappe pas à cette situation. Cela fait plus de 10 ans que le sous-effectif domine partout en France. Cela fait 5 ans qu’une réorganisation territoriale de l’administration locale (OTE) a désorganisé un peu plus l’inspection du travail, les directions locales mettant plus facilement en cause l’inspection du travail que leur nouveau mentor, le préfet de département.

Défendre au quotidien nos missions et la façon d’exercer notre métier, relayer la souffrance des agents dans un contexte de sous-effectif massif, dénoncer et critiquer des actes de management qui dégradent l’état de santé des collègues : ce ne sont pas des actes délictuels, c’est user de la liberté d’expression et syndicale.

En plus du rassemblement du 18 juin à 10h30, une pétition a été lancée en soutien à nos collègues Pierre et Benoît, inspecteurs du travail et représentants syndicaux qui subissent la répression syndicale ! Pétition à signer : https://c.org/MGsTtCJWkh

Avec le soutien des organisations syndicales : SUD TAS 38, CGT DDETS 38, SUD TAS, CGT TEFP, CNT TEFP, FSU TEFE, CNT-SO, US Solidaires, Solidaires Isère, CNT Isère, FSU Isère, FO Isère, CGT Isère, UNEF Grenoble, Coordination Étudiante de Grenoble, Solidaires Étudiant·e·s Syndicat de Lutte Grenoble, Union Local CGT du Grand Grenoble, CGT ST Micro, SUD Commerce & Service AURA, SUD PTT Isère-Savoie, Solidaires Finances Publiques 38, SUD Santé Sociaux 38, SUD Education 38, Solidaires ASSO 38, SUD Collectivité Territoriales 38, SUD Transport Urbain Interurbain 38, Solidaires Informatiques 38.
Et des organisations : La France Insoumise Isère, Le Parti de Gauche Isère, Lutte Ouvrière Isère, NPA Révolutionnaires 38, ATTAC 38, Union Communiste Libertaire Grenoble, OST Grenoble.



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