Mercredi 4 mars : conférence de presse des familles des écoles occupées

Les 17 familles dont 46 enfants, sans toit, qui occupent les écoles et leurs soutiens, poursuivent la lutte pour que chaque enfant ait un logement et la sécurité, et que chaque famille ait le droit de vivre sans peur.

English version below.

Prise de parole des familles des écoles occupées :

Onze écoles sont occupées.
Quarante-six enfants.
Dix-sept familles.

On dirait une histoire inventée, n’est-ce pas?
Ce n’est pas une histoire, mes amis.
C’est notre réalité.

Nous sommes ici parce que nous n’avons pas d’autre choix.
Chaque jour est une lutte.
Pas pour le luxe. Pas pour le confort. Mais pour la dignité.

Nous sommes des mères.
Nous sommes des pères.
Nous sommes des enfants.

Et nous voulons les mêmes choses simples que tout le monde :
un logement, la sécurité, une école, du travail, le respect.

Nos enfants dorment dans des salles de classe —
pas parce qu’ils sont en sortie scolaire,
pas parce qu’ils jouent,
mais parce qu’ils n’ont nulle part où aller.

Nous nous battons pour offrir à nos enfants de petits moments de bonheur, car c’est à cet âge que leur cerveau se développe et que leur personnalité se construit.
Nous faisons des choix pour eux.
C’est pour cela que nous demandons la régularisation.

Toute la journée, nous attendons dehors.
La nuit, nous retournons dans une salle de classe.

Pas de douche pour commencer la journée dignement.
Pas de vraie cuisine pour préparer nos plats préférés.
Aucune intimité.
Nous devons réveiller nos enfants à 6 heures du matin, alors que l’école recommande 9 heures de sommeil.

Nos enfants nous demandent :
« Pourquoi n’avons-nous pas de maison ? Pourquoi n’avons-nous pas de jouets ? Pourquoi ne pouvons-nous pas faire la fête comme les autres enfants ? »

Que pouvons-nous répondre ?
Combien de moments d’impuissance devons-nous encore traverser ?

Certains de nos enfants sont sans domicile depuis des années.
Ils sont fatigués. Très fatigués.

L’enfance ne revient pas.
Elle ne se vit qu’une seule fois.

Nous vivons ici.
Nos enfants étudient ici.
Nous travaillons ici, nous participons aux activités sportives et culturelles.
Nous faisons partie de cette société.

Sans papiers, nos vies restent instables.
Sans régularisation, il n’y a pas de véritable avenir.
Nous avons besoin de logements et de papiers.

l’égalité des droits, c’est simple :
un logement,
un statut légal,
une vie stable.

Un logement n’est pas une faveur.
C’est un droit.

Chaque enfant mérite un lit — pas le sol d’une salle de classe.
Chaque enfant mérite la sécurité — pas l’incertitude.

Les enfants ne doivent pas payer le prix de problèmes qu’ils n’ont pas créés.

Nous ne demandons pas la charité.
Nous sommes capables de travailler dur.
Nous pouvons servir ce pays.
Nous demandons nos droits.

Nous voulons vivre en paix — comme vous.
Travailler avec dignité — comme vous.
Élever nos enfants en sécurité — comme vous.

Et nous continuerons à nous tenir debout ensemble jusqu’à ce que chaque enfant ait un logement et la sécurité,
et que chaque famille ait le droit de vivre sans peur.

Les familles des écoles occupées
soutenues par l’lntercollectif des écoles occupées (RESF, FCPE, DAL, Intersyndicale “Enfants migrant·e·s à l’école” FSU-SUD-CNT éducation)


English version

Statement from the families of the occupied schools:

Today, here in Grenoble, families are sleeping in schools just to be protected from the streets at night.

Eleven schools are occupied.
Forty-six children.
Seventeen families.

Seems like a fictional story, huh?
This is nota story, my friends.
This is our reality.

We are here because we have no other choice.
Every day is a struggle.
Not for luxury. Not for comfort. But for dignity.

We are mothers.
We are fathers.
We are children.

And we want the same simple things as everyone else: a home, safety, school, work, respect.

Our children sleep in classrooms —
not because they are on a school trip,
not because they are playing,
but because they have nowhere else to go.

We struggle for even a small happy moment for our children, because this is the age when their brains are developing and shaping their personalities.
We make choices for them.
That is why we ask for regularization.

AlI day, we wait outside.
At night, we return to a classroom.

No shower to begin the morning fresh.
No real kitchen to cook our favorite meals.
No privacy at all.
We have to wake our children at 6 a.m., even when school advises 9 hours of sleep.

Our children ask us:
“Why don’t we have a home? Why don’t we have toys? Why can’t we celebrate like other kids?”

What can we answer?
How many more helpless moments must we go through?

Some of our children have been homeless for years.
They are tired.
Very tired.

Childhood never cornes again.
It does not corne twice.

We live here. Our children study here.
We work here, engaging in sports and cultural activities. We are part of this society.
Without papers, our lives stay unstable.
Without regularization, there is no real future.
We need housing and we need papers.

Equal rights mean simple things:
a home,
legal status,
a stable lite.

A home is nota favor. lt is a right.
Every chiId deserves a bed — nota classroom floor.
Every chiId deserves security — not uncertainty.
Children should not pay the price for problems they did not create.

We are not asking for charity. We are capable of working hard. We can serve this country. We are as king for our rights.

We want to live in peace — like you.
Work with dignity — like you.
Raise our children safely — like you.

And we will keep standing together
until every child has a home and security,
and every family has the right to live without fear.

Families of the occupied schools
supported by l’lntercollectif des écoles occupées (RESF, FCPE, DAL, Intersyndicale « Enfants migrant·e·s à l’école » FSU-SUD-CNT éducation)



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